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Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance - Partenariats en action

Célébration de la réussite

Grâce au pouvoir des partenariats, les collectivités qui s’attaquent aux problèmes liés à l’itinérance obtiennent des résultats remarquables et durables.

La stratégie est fondée sur un plan communautaire qui permet à chaque collectivité de cerner ses besoins et d’élaborer des projets pour y répondre. L’accent mis sur les partenariats communautaires encourage tous les partenaires et tous les paliers de gouvernement à unir leurs efforts pour adopter des plans d’action qui changer pour le mieux la vie de personnes en situation de vulnérabilité.

Vous trouverez dans ces pages quelques uns des nombreux exemples de projets fructueux au Canada. Ces histoires illustrent bien le pouvoir dont disposent les collectivités, organisations et particuliers lorsqu’ils appuient leurs efforts sur les partenariats.

Tommy Sexton centre: À la mémoire de Tommy Sexton

Terre-Neuve-et-Labrador


Tommy Sexton centre (extérieur)

À 26 ans, Frank* était sans abri, vivait dans la rue et fréquentait les fumeries de crack. En raison de ce style de vie à haut risque, il a contracté le VIH/sida et l’hépatite C.

Un après midi pluvieux, la chance met sur sa route quelqu’un qui l’aidera à changer sa vie.

Il se souvient de ce moment : « Il pleuvait, alors je me suis abrité dans une entrée de porte pour me tenir au chaud. C’est là que j’ai rencontré Michelle Boutcher (directrice exécutive du Comité de lutte contre le sida de Terre Neuve et Labrador ».

« Elle m’a tendu la main et m’a mis en contact avec toutes les personnes et les ressources dont j’avais besoin pour me remettre sur pieds ».

Après cette heureuse rencontre, Frank devient l’un des premiers résidents du Tommy Sexton Centre, un refuge d’urgence et un logement supervisé pour les personnes vivant avec le VIH/ sida.

Aujourd’hui, Frank prend ses médicaments, voit un médecin régulièrement et reçoit de l’aide pour ses toxicomanies.

« Ma santé s’est beaucoup améliorée, dit il. Il y a deux ans, je pesais 98 livres et je perdais rapidement du poids. Maintenant, je fait un peu de ventre ».

Le Tommy Sexton Centre est le seul à offrir un logement aux personnes qui vivent avec le VIH/sida au Canada atlantique. Il existe grâce au travail acharné de nombreux membres de la collectivité.

« Dès le début, ce centre a été un projet communautaire, déclare Mme Boutcher. C’était un véritable effort communautaire. C’était tout simplement impressionnant de constater la rapidité avec laquelle les choses bougeaient ».

Depuis son ouverture en septembre 2006, le Centre a hébergé à court terme plus de 85 hommes et femmes et a fourni un logement supervisé à huit personnes vivant avec le VIH/ sida.

C’est le seul endroit à St. John’s qui offre un refuge à court terme à des femmes de plus de 30 ans. Il fournit également des services à de nombreux jeunes de la collectivité.

Le complexe de 1 500 000 $ compte six appartements et quatre lits d’urgence. Il héberge également le Comité de lutte contre le sida de Terre Neuve et Labrador, qui fournit un éventail de programmes et de services, comme des services de prévention et de sensibilisation sur le VIH/sida, des services de soutien et un programme d’échange de seringues.

Le Centre est le premier projet de logement supervisé de la ville a avoir été conçu de manière à fournir un accès universel et il est éconergétique.

Le Centre a été nommé en l’honneur du comédien bien aimé de Terre neuve et Labrador.

Tommy Sexton n’avait que 36 ans lorsqu’il est mort du sida en 1993. Devenu une star alors qu’il était membre de la troupe théâtrale Codco, il a été la première célébrité de la province a révéler qu’il était atteint de cette maladie.

Pour bien des gens de la province, il a donné au sida un visage humain.

Sa mort a marqué gravement le monde du spectacle canadien. Aujourd’hui, le Tommy Sexton Centre célèbre sa vie et sa mémoire.

La famille de Tommy s’est également fait le fer de lance de la campagne pour construire le Centre. À 85 ans, sa mère, Sara Sexton, visite encore les écoles locales pour parler du fils qu’elle a perdu à cause du VIH/sida.

« Tout le monde à Terre neuve la connaît et l’aime. Elle a réellement aidé à sensibiliser les gens et à lutter contre la stigmatisation liée au VIH et au sida », précise Mme Boutcher.

Pour les gens qui vivent avec le VIH/sida, ce qui rend le Centre unique, c’est qu’il donne accès à des soins de santé. Les résidents peuvent consulter un médecin de famille, visiter la clinique de VIH et prendre régulièrement leurs médicaments contre le VIH/sida. Leur système immunitaire est donc stimulé.

« Cela témoigne vraiment de la philosophie du Centre, qui met au premier plan le logement, dit Mme Boutcher. Sans un lieu propre, sûr et abordable où habiter, prendre des forces et améliorer sa santé est tout simplement trop stressant ».

Le Tommy Sexton Centre appartient au Comité de lutte contre le sida de Terre Neuve et Labrador, qui en assure également la gestion. Grâce aux efforts de collaboration de ces partenaires et de la collectivité en général, des gens comme Frank peuvent maintenant vivre une vie plus saine et plus stable.

Le projet a été dirigé par le Community Advisory Committee on Homelessness de St. John’s. Il a reçu l’appui de deux paliers de gouvernement, d’organismes communautaires et du secteur privé. De nombreux membres de la collectivité ont organisé des campagnes de financement pour le Centre.

Le gouvernement du Canada a versé 832 500 $ au projet, par l’intermédiaire de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance. D’autres fonds (450 000 $) proviennent de la collaboration entre la Société canadienne d’hypothèques et de logement et de la Newfoundland and Labrador Housing Corporation (NLHC), en vertu de l’Entente concernant le logement abordable signée entre le Canada et Terre-Neuve-et-Labrador. La NLHC a aussi fourni un financement additionnel de 144 000 $. Le projet a également reçu des contributions en nature de la ville de St. John’s et du ministère provincial des Transports et des Travaux publics, qui a donné le terrain pour le projet.

*Les noms ont été changés pour protéger la vie privée des personnes

MacIntyre House : Ron est chez lui

Île-du-Prince-Édouard


MacIntyre House (extérieur)

Ron* a une cinquantaine d’années et est atteint d’une déficience développementale. Il a toujours vécu sur la ferme avec sa famille et aidait aux corvées; sa contribution au travail de la ferme était très appréciée. Il recevait en retour le soutien et l’attention dont il avait besoin.

Les parents de Ron étaient toutefois inquiets. Ils savaient qu’un jour ils ne seraient plus en mesure de lui donner les soins nécessaires et qu’il aurait besoin d’une aide externe. L’incertitude quant à l’avenir de Ron les préoccupait et, prenant de l’âge, ils ont commencé à chercher une solution garantissant que l’on prendrait bien soin de leur fils.

Parce qu’ils habitaient en milieu rural, les options qui s’offraient à eux étaient limitées. Ils redoutaient d’avoir à confier leur fils à une institution et craignaient également qu’il devienne itinérant.

Les parents de Ron ont entendu parlé de la Souris Group Home Association, un organisme à but non lucratif qui offre un logement à des adultes ayant divers types de déficiences développementales et divers besoins de soutien. L’Association gère MacIntyre House, un foyer pour les personnes qui ont une déficience et qui ne peuvent plus habiter avec leur famille.

Seule installation de ce type à Souris, MacIntyre House offre un foyer permanent à six hommes ayant une déficience développementale et dispose d’un lit pour répondre à des besoins à court terme. Les résidents proviennent de différents milieux et leurs situations varient, mais généralement, les membres de leur famille qui s’occupaient d’eux sont décédés ou ne sont plus en mesure de leur fournir le soutien et la surveillance requis.

L’alternative est sombre : sans MacIntyre House, certains résidents n’auraient pas de toit.

Le bâtiment original était un endroit chaleureux et confortable où les hommes se sentaient tout à fait chez eux. Toutefois, quelques problèmes se posaient : le vieux bâtiment demandait beaucoup d’entretien et se trouvait dans un secteur qui n’était pas facile d’accès.

La Souris Group Home Association a pu acheter un ancien immeuble de la GRC , valant plus de 90 000 $, grâce à l’Initiative visant à mettre des biens immobiliers excédentaires fédéraux à la disposition des sans-abri, une composante de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance. À l’aide de fonds provenant de plusieurs autres sources, y compris de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, l’immeuble a été transformé afin d’accueillir la MacIntyre House.

L’achat de l’immeuble n’a été que la première étape : il a aussi fallu le rénover et l’améliorer pour qu’il réponde aux besoins des résidents. Heureusement, les gens de Souris se sont ralliés au projet.

Le curé de la paroisse a cessé de fumer, a commencé à courir et a participé à un marathon qui lui a permis de recueillir 28 000 $. Un producteur de pommes de terre a donné 5 000 $ au projet. Plusieurs clubs philanthropiques ont organisé des activités et des campagnes de financement.

En mars 2004, les résidents ont emménagé dans leur nouveau foyer. Celui ci se situe à distance de marche du Harbour View Training Centre, où la plupart d’entre eux travaillent.

« Ce projet est le fruit du travail d’un grand nombre de personnes et d’organisations », déclare Veronica MacPhee, présidente de la MacIntyre House. « Nous n’aurions pas pu y arriver seuls. C’est le résultat de la participation de tous – du gouvernement fédéral aux enfants qui ont vendu des billets de tirage ».

Et Ron dans tout ça? Il adore sa nouvelle maison!

*Les noms ont été changés pour protéger la vie privée des gens.

Holly House : Aider à la guérison de l’âme

Nouvelle Écosse


Holly House (extérieur et intérieur)

Sarah* n’avait nulle part où aller. À 55 ans, elle avait perdu son emploi, et son conjoint de fait l’avait quittée : son moral était au plus bas.

« J’allais comme une âme en peine et j’étais dépressive. Tous ceux que je connaissais faisaient preuve d’une fermeté affectueuse », raconte Sarah qui est aux prises avec un problème d’alcoolisme.

C’est alors qu’elle s’est tournée vers Holly House, une maison de transition pour femmes de la région de Halifax-Dartmouth.

Pour Sarah, des services de soutien et un logement de transition ont fait toute la différence entre l’itinérance et un foyer.

« Holly House m’a permis de vivre en harmonie avec moi même, dit elle. Lorsque je me lève le matin, il y a toujours quelqu’un ici pour m’aider ».

« Je sais que je peux recommencer ma vie grâce aux messages d’espoir, aux encouragements et au soutien du personnel attentionné et des résidents », ajoute t elle.

Elle remet maintenant sa vie sur le droit chemin en participant à des programmes de formation à l’emploi, de traitement et de counseling en matière de toxicomanie.

Selon Donna Phillips, directrice exécutive de la Société Elizabeth Fry de la Nouvelle Écosse continentale, Sara a continué de grandir et de guérir à Holly House: « Elle avance à petits pas et elle se reprend en main en poursuivant des objectifs professionnels ».

Holly House a ouvert ses portes en avril 2007, grâce à la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance du gouvernement du Canada. Les autres partenaires financiers incluent des organismes communautaires, Kent Building Supply et Greytop Construction, qui a réduit le prix de ses services.

« Nos résidentes sont des femmes qui se rétablissent d’un problème de toxicomanie ou de santé mentale, ou qui fuient la violence conjugale, déclare Mme Phillips, et beaucoup d’entre elles viennent de refuges pour les sans abri ou de programmes de rétablissement ».

« Lorsqu’elles arrivent à Holly House, elles ne se sentent pas tout à fait prêtes à vivre seules, dit elle, c’est un temps de guérison ».

À Holly House, un travailleur communautaire aide les femmes qui ont été accusées d’infractions ou qui sont à risque de connaître des démêlés avec la justice.

Les résidentes ont à leur disposition une cuisine et un jardin communautaires. Elles peuvent suivre des ateliers sur des sujets aussi variés que la gestion de la colère et l’établissement de limites personnelles.

Il y a également une banque alimentaire, une banque de vêtements et des services de soutien qui visent à prévenir les rechutes et qui sont assurés sur place par un conseiller en toxicomanie. Les résidentes peuvent également suivre des cours de yoga et de méditation.

Le projet doit son succès aux partenaires fondateurs originaux ainsi qu’aux partenariats actuels avec des organismes communautaires locaux – Alice House, Bryony House, le Marguerite Centre, le Adsum Centre, ainsi que les programmes Phoenix Youth et Community Action on Homelessness.

Des entreprises locales, qui ont donné des biens et des services, ont joué un rôle important dans la construction de la maison. Elles continuent d’appuyer Holly House par des dons de toutes sortes (meubles, literie, etc.).

Le Rodeo Lounge à Burnside a récemment adopté Holly House comme organisme de bienfaisance de l’année. Ses membres ont organisé plusieurs activités de collecte de fonds, dont tous les profits ont été remis à Holly House.

En novembre 2007, les pharmacies locales Pharmasave ont participé à la campagne de Holly Leaf pour le financement de Holly House.

Holly House permet à la Société Elizabeth Fry d’offrir sous un même toit ses programmes et ses services résidentiels.

Depuis plus de 25 ans, la Société Elizabeth Fry de la Nouvelle Écosse continentale aide les femmes à faire des changements positifs dans leur vie. Elle doit son nom à la quakeresse Elizabeth Fry, qui a fait croisade pour la réforme des prisons pour femmes au XIXe siècle en Angleterre.

Depuis, partout au Canada, les Sociétés Elizabeth Fry continuent de travailler à améliorer les conditions des femmes qui ont des démêlés avec la justice et celles qui risquent d’en avoir.

« De nombreuses personnes voient Holly House comme un exemple de pratique exemplaire, souligne Mme Phillips. Cela montre ce qu’on peut accomplir lorsque la collectivité et le secteur privé se rallient à vos efforts ».

Grâce à Holly House, des femmes telles Sarah peuvent trouver l’appui dont elles ont besoin pour repartir à zéro. Déjà, trois femmes qui ont vécu dans la résidence temporaire ont trouvé le courage d’aller vivre de façon autonome.

* Les noms ont été changés pour protéger la vie privée des gens.

Mobile One: Une popote roulante

Nouveau Brunswick


Mobile One autobus

Mobile One est un projet innovateur qui a commencé par une soupe populaire exploitée à partir d’un ancien autobus des transports en commun de Moncton.

Tout a commencé en 2001, avec le plan communautaire destiné à lutter contre l’itinérance à Moncton. Le plan reconnaissait à quel point il est difficile pour les sans abri ou les personnes à risque de le devenir de trouver un repas chaud le soir et la fin de semaine, alors que les soupes populaires locales et les banques alimentaires sont fermées.

« Nous avons donc pensé déplacer la cuisine jusqu’à eux » explique Sean Tobin, directeur des services communautaires Mobile One et directeur régional de l’Association des banques alimentaires du Nouveau Brunswick.

Les représentants de huit banques alimentaires, soupes populaires et refuges du Grand Moncton se sont donc réunis pour créer Community Mobile Soup Kitchens Inc. Lorsque la Ville de Moncton a décidé de retirer de la circulation quatre autobus, l’un d’eux a été acheté par le projet pour le montant symbolique de 1 $.

Alors que l’on servait des repas à la Ray of Hope Needy Kitchen, M. Tobin, qui en était le gestionnaire général, a placé un bol au centre de la pièce et a demandé aux gens qui utilisaient la cuisine de contribuer à la collecte de ce dollar, en respectant une condition, leur contribution devait être en cents. « Ce dollar n’a pas été payé par le projet, mais par les gens qui utilisent la cuisine de Ray of Hope », affirme M. Tobin.

Mobile One connaît un très grand succès à Moncton et dans les environs, et continue de bénéficier d’un soutien communautaire très important. Les administrations provinciale et municipale, ainsi que des organismes communautaires, des communautés confessionnelles, des entreprises et des particuliers, fournissent un soutien financier additionnel.

De ce projet de popote roulante est né le premier le service de garde manger mobile du Canada atlantique. Regroupant maintenant cinq unités mobiles, le service livre des aliments provenant de l’entrepôt aux personnes nécessiteuses. Un des garde manger mobiles est aussi le premier du genre au Canada : il est spécialement équipé pour aider les personnes confinées à la maison pour des raisons médicales et les personnes âgées de plus de 75 ans qui vivent encore à la maison. Mobile One administre également une grande banque alimentaire mobile dans le centre de Moncton, servant bien au delà de 500 familles.

En 2006, quelque 13 012 heures de bénévolat ont été données par des chauffeurs, les équipes fournissant les services à bord, des groupes communautaires et des groupes d’entreprises. En tout, 270 bénévoles ont participé au projet, sans compter les groupes d’étudiants en visite, des travailleurs des services communautaires et d’autres personnes qui ont fait don de leur temps au projet.

Selon M. Tobin, le projet Mobile One a vu le jour et a connu le succès grâce au soutien financier du programme de lutte contre l’itinérance du gouvernement du Canada. Il souligne également que la collectivité devrait être fière de ce projet.

« Nous voulons que les gens du Grand Moncton et tous ceux qui y ont participé se félicitent d’un travail bien fait ».

Comptoir alimentaire Drummond : Du dépannage à l’autonomie

Québec


Comptoir Alimentaire Drummond (intérieur)

Bien des personnes et des familles à risque d’itinérance doivent régulièrement faire appel aux banques alimentaires. Cependant, pour l’organisme Comptoir Alimentaire Drummond, il est tout aussi important de réduire leur dépendance envers les banques alimentaires en leur présentant une autre solution.

L’organisme a donc mis sur pied Le SAC (Soutien Alimentaire du Comptoir), un magasin qui permet aux personnes démunies de se procurer des aliments 15 p. 100 moins chers que le prix coûtant. « C’est la transition entre le ‘‘ je reçois tout gratuit ’’ et le ‘‘ j’achète tout à plein prix ’’ », explique Sylvie Lejeune, responsable de l’initiative et directrice générale du Comptoir Alimentaire Drummond.

L’initiative fait la joie de ses usagers : « Même si je suis pauvre, je peux enfin choisir ce que je vais manger, dit Jacques*, un habitué du SAC. Lorsque j’allais à la banque alimentaire, je prenais ce qu’on me donnait. Avec Le SAC, j’ai maintenant le choix ».

En plus de se procurer des aliments à prix réduit, les usagers du SAC ont aussi la possibilité d’améliorer la qualité de leur alimentation. Ceux qui le souhaitent peuvent apprendre à reconnaître les aliments sains, nutritifs et économiques, par le biais de dégustations et de distribution de recettes qu’offre Le SAC. « En assistant à ces dégustations, j’ai découvert la soupe à l’orge, raconte Maria*. Comme je suis colombienne, je ne connaissais pas du tout ce plat. Grâce au SAC, je peux maintenant faire cette soupe délicieuse! ».

« Les nouveaux arrivants qui ont recours aux services de l’organisme sont ravis de découvrir de nouveaux mets, tels que la tourtière. C’est toujours un plaisir de les voir apprécier nos plats traditionnels » ajoute Mme Lejeune.


Comptoir Alimentaire Drummond (extérieur)

Pour réaliser son projet, le Comptoir Alimentaire Drummond a négocié des ententes d’approvisionnements avec des fournisseurs locaux, ce qui lui permet d’acheter des produits à faible prix et de les revendre 15 p. 100 moins chers que le prix coûtant. « On a sept marchands épiciers, un magasin familial et une pharmacie qui nous permettent d’acheter des articles en spécial, en quantité illimitée. Certains nous livrent même la marchandise », explique Mme Lejeune.

Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, les commerçants ne voient pas Le SAC comme un concurrent. En les consultant, le Comptoir Alimentaire Drummond s’est aperçu que les commerçants comprenaient la mission du magasin économique et que plusieurs d’entre eux étaient même prêts à adhérer au projet. Les pharmacies Jean-Coutu ont, par exemple, contribué au SAC en fournissant le rayonnage du magasin. « Nous sommes heureux de savoir que nos tablettes peuvent aider l’organisme à mieux disposer les produits qu’il vend », dit Daniel Benoît, propriétaire des pharmacies Jean Coutu de Drummondville.

D’après Mme Lejeune, les partenaires ont compris qu’ils pouvaient eux aussi aider à changer la vie d’une personne : « Lorsqu’ils surprennent quelqu’un à voler un aliment, les marchands lui disent de venir nous voir au lieu d’appeler la police ». Cela démontre bien à quel point de bons partenariats peuvent contribuer au mieux-être d’une collectivité.

Depuis son ouverture officielle, le 6 juin 2006, le magasin économique Le SAC connaît un grand succès. Il a jusqu’à présent permis à 931 adultes et enfants de se nourrir pour moins cher et compte 250 membres réguliers. Grâce à cette initiative, le Comptoir Alimentaire Drummond a également reçu de nombreux prix : le prix de la reconnaissance des milieux drummondvillois et centriquois, le prix Excellence Cascades pour le Centre-du-Québec et le Paulhus Innovation, décerné lors du gala communautaire annuel de la municipalité régionale de comté de Drummond.

Mission de l’organisme

Le Comptoir Alimentaire Drummond est un centre d’aide alimentaire de dernier recours à but non lucratif. Sa mission est de soulager la faim des personnes et des familles démunies de la municipalité régionale de comté de Drummond et de diminuer les soucis causés par l’incapacité de bien nourrir sa famille.

L’organisme, qui existe depuis le 25 septembre 1991, est ouvert cinq jours par semaine et effectue plus de 80 dépannages alimentaires par jour. Chaque année, il distribue plus de 13 895 sacs d’épicerie à plus de 1 785 familles, dont 2 340 adultes et 1 704 enfants.

Le Comptoir Alimentaire Drummond reçoit des fonds fédéraux destinés aux sans-abri afin de réaliser ses projets. Il reçoit également 59 490 $ par année de l’Agence Régionale de la Santé et des Services Sociaux. De ce montant, quelque 50 000 $ servent à l’achat de denrées fraîches pour subvenir aux besoins des familles démunies.

*Les noms ont été changés pour protéger la vie privée des gens.

Streets to Homes : Le logement d’abord

Ontario


James et un ami

James* vivait depuis dix ans dans les rues de Toronto, dans le quartier de Regent Park. Consommateur de crack depuis 1992, il s’était fait à l’idée d’une vie sans avenir.

« J’étais assis sur une caisse le jour où une femme s’est approchée de moi et m’a dit qu’elle pouvait me trouver un logement et m’inscrire à l’aide sociale », raconte t il. « J’ai ri, mais j’ai fini par accepter. Je vis dans cet appartement depuis plus de huit mois ». James ne consomme plus et il se concentre sur l’amélioration de son état de santé et le traitement de ses toxicomanies, bénéficiant d’un soutien continu. Il précise : « Le logement est l’un des éléments les plus importants de ma réussite. J’adopte une vie plus saine ».

La travailleuse de la rue qui a d’abord aidé James, ainsi que les travailleurs de soutien au logement qui continuent de l’aider alors qu’il fait la transition de la rue à un logement permanent, font tous partie de Streets to Homes, un programme de logement de Toronto. Ce programme primé de collaboration entre les ordres de gouvernement, des organismes sans but lucratif et des fournisseurs de soins de santé a aidé plus de 1 500 personnes vivant dans les rues, des parcs, des squats et des ravins de Toronto à emménager directement dans un logement permanent. Près de 90 % sont restés dans leur logement.

« La philosophie qui sous-tend ce programme est que la question du logement vient avant toutes les autres », explique Phil Brown, gestionnaire général de la division municipale Shelter, Support and Housing Administration, qui supervise les services aux sans-abri, le réseau de refuge d’urgence et le portefeuille de logements sociaux de Toronto.

M. Brown ajoute : « Nous croyons que la sécurité et la dignité de son propre foyer offrent le terrain le plus propice au traitement des problèmes de santé mentale et physique ainsi que des toxicomanies ».

L’approche de Streets to Homes, qui accorde la priorité au logement, donne lieu à une amélioration dramatique de la qualité de vie de ses clients. Une étude effectuée auprès de clients qui ont été logés par l’intermédiaire du programme démontre qu’ils sont en meilleure santé, plus heureux et plus optimistes à propos de leur avenir parce qu’ils ont un logement et qu’ils bénéficient de mesures de suivi qui font partie intégrante du programme. Un grand nombre ont indiqué consommer moins de drogues et d’alcool, et 31 % de ceux qui utilisaient des drogues ont dit avoir cessé complètement. Une autre conclusion importante de cette étude est qu’une fois qu’ils sont logés, les clients de Streets to Homes ont moins recours aux services d’urgence, comme les urgences des hôpitaux, ce qui laisse supposer des économies à l’échelle du système.

La plupart des clients trouvent un logement sur le marché privé des logements locatifs, le résultat de liens bénéfiques à tous créés par Streets to Homes. Selon M. Brown : « Les propriétaires qui possèdent un vaste portefeuille ont besoin de locataires et Streets to Homes leur fournit des locataires qui sont aidés par des travailleurs de soutien au logement professionnels. C’est un plus pour les propriétaires, car ils peuvent communiquer avec cette personne ressource s’ils ont des problèmes avec un locataire. C’est aussi un plus pour nos clients, car ils ont des loyers à prix réduits et un choix d’unités à travers la ville ».

Les clients choisissent où ils veulent vivre et doivent respecter trois règles seulement : ils doivent payer le loyer directement au propriétaire; ils doivent accepter un soutien de suivi une fois qu’ils sont logés; et ils doivent remplir une demande de logement social. Cet aspect est essentiel parce que, pour de nombreux clients, le loyer représente plus que 30 % de leur revenu, le maximum fixé pour le logement social dont le loyer est déterminé en fonction du revenu.

Une des clés importantes du succès de Streets to Homes, en tant que programme de logement, est qu’il est axé uniquement sur les besoins des clients. Neuf sans abri sur dix veulent un logement permanent, selon une évaluation des besoins des itinérants effectuée en avril 2006 à Toronto. Selon Iain De Jong, gestionnaire du projet depuis ses débuts, on ne demande plus aux clients comment on peut les aider; on leur demande plutôt comment on peut les aider à trouver un logement. On a ainsi un système mieux coordonné, qui s’attaque aux obstacles auxquels font face les sans abri à la recherche d’un logement permanent. Cette coordination s’étend à l’ensemble des divisions de la Ville ainsi qu’aux programmes fournis par d’autres ordres de gouvernement et par le secteur de la santé.

Streets to Homes s’impose comme l’une des histoires de réussite du financement de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance en Ontario. Le programme démontre que, en unissant leurs efforts, de nombreux partenaires peuvent obtenir des résultats même face aux défis les plus difficiles. Le programme est assuré par les employés de la Ville de Toronto et 25 organismes communautaires sans but lucratif qui font le travail sur le terrain et le suivi dans les logements. Ils offrent aussi d’autres services qui reposent tous sur un modèle de gestion de cas coordonnée. Un comité formé de fournisseurs de services sociaux, de professionnels de la santé, de psychiatres et de représentants municipaux ainsi que du milieu des affaires fournissent des conseils et une orientation au programme depuis ses débuts.

Streets to Homes a ajouté de nouveaux programmes lorsque des lacunes ont été décelées pour un groupe client particulier, et ce, toujours dans le cadre de la stratégie globale visant à mettre fin à l’itinérance. Ainsi, une équipe mobile multidisciplinaire a été créée en partenariat avec des agences communautaires et elle travaille avec deux fournisseurs de soins de santé et la Ville. L’équipe évalue, sur le terrain, des personnes ayant des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie assez graves pour nuire à leur capacité de choisir un logement.

Un autre exemple d’élaboration continue de service : le programme de logement post-incarcération. Il s’agit d’un partenariat entre la Ville et trois organismes ayant des liens avec les installations correctionnelles et les tribunaux de la région de Toronto. Ce programme aide à trouver un logement aux sans abri qui viennent de terminer une peine d’emprisonnement. La John Howard Society, un des partenaires, a récemment mérité le Donner Award, qui reconnaissait le travail ainsi accompli comme une des plus importantes innovations du domaine social au Canada.

Au Canada comme à l’étranger, on remarque le succès de Streets to Homes et on reconnaît que ce modèle pourrait réussir ailleurs. Des représentants ont été invités à des conférences nationales et internationales afin de parler de l’approche, et le personnel du programme a aidé plus de 80 autres administrations qui envisagent adopter un modèle similaire.

« Ce programme est axé sur l’obtention de résultats avec les ressources disponibles, un modèle qui, selon nous, peut être utilisé ailleurs dans le monde », croit M. Brown.

*Les noms ont été changés pour protéger la vie privée des gens.

Hannah’s Place : De l’espoir jaillit le changement

Manitoba


Hannah’s Place (intérieur)

À Hannah’s Place, l’espoir renaît avec un lit confortable et une douche chaude.

Depuis son ouverture en mai 2007, le refuge d’urgence Hannah’s Place à Winnipeg, qui fait partie de la Siloam Mission, offre aux itinérants un abri contre le froid.

Pour plusieurs, c’est aussi un endroit où trouver soins et réconfort et où échapper aux difficultés de l’itinérance.

« Nous méritons tous un peu d’amour, d’attention et de réconfort », déclare Wayne Smith, directeur d’Hannah’s Place. « Beaucoup de gens associent les refuges à un simple matelas sur le plancher. Ici, à Hannah’s Place, il y a des lits, des draps propres, des douches et un joli décor, mais pas de désespoir ».

Hannah’s Place offre 100 lits d’urgence aux moins fortunés de Winnipeg. On y trouve des lits dans un endroit chaleureux, des draps propres, des douches et des vestiaires.

Hannah’s Place est plus qu’un refuge, selon M. Smith : « On y offre plus qu’un endroit sec et chaud et un oreiller pour dormir – c’est aussi un lieu qui redonne aux gens leur dignité ».

« Le refuge aide les gens qui sont devenus itinérants. Tout le monde peut être pris au dépourvu à un moment de sa vie. J’ai connu un homme qui a perdu la femme avec qui il vivait depuis 25 ans et qui n’était pas capable de faire face à cette situation. Les circonstances de la vie changent, et certaines personnes perdent tout – argent, emploi et estime de soi ».

La politique d’interdiction de l’alcool et des drogues du refuge a encouragé certains résidents à ne plus en consommer afin d’avoir un lieu sûr où dormir. En fait, beaucoup d’entre eux demandent à se faire réveiller tôt afin de pouvoir prendre une douche, s’habiller et aller chercher du travail à l’agence locale de travail temporaire.

« Nous voulions offrir aux sans abri une meilleure option que la rue, afin qu’ils puissent changer leur vie, dit M. Smith. Nous sommes ouverts depuis six mois, et il n’y a pas eu une seule bataille ou un seul cri. Les choses vont donc très bien ».

Le refuge doit son nom à Hannah Taylor, 11 ans, fondatrice de la Ladybug Foundation de Winnipeg. Hannah a commencé à recueillir des fonds pour les sans abri à l’âge de cinq ans, après avoir vu un sans abri manger de la nourriture trouvée dans une poubelle. À ce jour, elle a recueilli plus de 1 000 000 $ pour des oeuvres de bienfaisance.

La Siloam Mission, qui gère Hannah’s Place, a pris de l’expansion depuis 1987 et est devenue un des principaux organismes offrant des services aux pauvres et aux sans abri du Canada.

Il y aurait 2 000 sans abri à Winnipeg, une des capitales les plus froides du monde. En moyenne, de 400 à 500 personnes franchissent les portes de la Siloam Mission tous les jours.

La Mission offre des repas chauds, des vêtements et des paniers de nourriture ainsi que des services de counseling, d’éducation et de formation à l’emploi. Elle ne travaille toutefois pas seule.

La Mission sert de point de contact entre les bienfaiteurs de Winnipeg et les moins fortunés de la ville.

« Les sans abri de Winnipeg peuvent trouver ici dignité, réconfort et sécurité », affirme John Mohan, président directeur général de la Siloam Mission.

« Le fait d’essayer d’alléger les difficultés des sans abri est la preuve que nous vivons dans une société capable de compassion, une société qui respecte le droit fondamental d’accès à un logement sûr pour tous ses membres ».

La Mission a établi de solides partenariats avec les gouvernements, des groupes de service, des écoles, des églises, des particuliers, des entreprises et des fondations. Elle s’est aussi alliée à des organismes du centre ville et à des pasteurs chrétiens.

Hannah’s Place est également le fruit de nombreux partenariats.

« Un grand nombre de personnes ont travaillé fort pour que le refuge voit le jour, dit John Mohan, et nous leur sommes reconnaissants de ce qu’ils ont fait pour les sans abri de Winnipeg ».

La stratégie d’aide aux sans abri du gouvernement du Canada, la Thomas Sill Foundation, la Winnipeg Foundation et la Ladybug Foundation ont toutes fourni des fonds pour payer les coûts de construction. Capstone Construction, Loewen Mechanical, CEL Electric et Northwind Innovations ont également contribué au projet.

Les fonds pour l’administration du refuge proviennent d’un partenariat entre la province du Manitoba et les donateurs privés.

Tous les mois, des bénévoles donnent plus de 2 700 heures à la Siloam Mission. Si les bénévoles proviennent de tous les horizons, ils ont tous une chose en commun : ils semblent tous recevoir plus qu’ils ne donnent.

Les bénévoles fournissent tous les services, allant des repas aux coupes de cheveux, en passant par les livres et des services médicaux professionnels.

« Depuis que je travaille à la Mission, déclare M. Smith, j’ai pu observer les nombreux bénévoles et j’ai constaté que ce sont leur amour, leur altruisme et leur compassion qui ont le plus d’impact sur les moins fortunés ».

En 2006, la Siloam Mission a servi 169 000 repas à des personnes qui avaient faim, donné 2 700 paniers de nourriture à des personnes dans le besoin et reçu plus de 9 680 visiteurs à sa banque de vêtements. Elle a aussi aidé et orienté vers d’autres services près de 5 000 personnes.

Bref, la Mission a changé des milliers de vies.

Core Neighbourhood Youth Co-op : Construire l’espoir pour des jeunes en difficulté

Saskatchewan


Core Neighbourhood Youth Co-op (intérieur)

En dix ans à peine, la Core Neighbourhood Youth Co-op (CNYC) a parcouru beaucoup de chemin

Ce sont Rusty Chartier et Owen Fortosky qui, en 1996, ont eu la brillante idée de mettre sur pied une coopérative afin d’enseigner à des jeunes des compétences professionnelles et des connaissances élémentaires, tout en les aidant à gagner décemment leur vie.

Les fondateurs avaient trois grands objectifs : mettre au point un programme pour les jeunes qui mettrait en valeur les principes de la coopération, donner aux jeunes la possibilité de gagner de l’argent et atteindre ces objectifs de façon écologique.

Grâce au financement octroyé par la stratégie fédérale de lutte contre l’itinérance, la coopérative a récemment transformé un vieux bâtiment du centre ville en un centre communautaire pour les jeunes itinérantes, leur donnant ainsi le choix de quitter la rue.

« Nous voulions avant tout créer un lieu sûr pour les jeunes femmes qui ont survécu à la vie dans la rue », déclare Deborah Hanley, directrice des opérations de la CNYC. « Maintenant, elles viennent ici plutôt que dans la rue », ajoute t elle.

Le bâtiment rénové, qui a ouvert ses portes en mai, permet à la CNYC d’élargir son programme de développement des compétences et d’études, et de cibler de façon particulière les décrocheuses scolaires.

La coopérative met également une buanderie à la disposition des jeunes filles, dont un bon nombre sont itinérantes.

L’immeuble est situé à côté des locaux du programme où des jeunes de 14 à 18 ans vivant au centre ville de Saskatoon touchent un revenu tout en participant à des projets qui les mettent en contact avec leurs pairs et leur collectivité et qui leur offrent des possibilités d’éducation permanente et d’emploi. On ne refuse cependant pas les enfants plus jeunes qui se présentent, et des programmes ciblés encouragent ceux ci à se réintégrer au système scolaire et au sein de leur collectivité.

Selon Anita Verlangen, directrice exécutive de la Saskatoon Environmentors Co operative Ltd., qui dirige le projet : « La vie d’un grand nombre de ces filles est très difficile. Nous avons voulu leur offrir un lieu qui leur permette de rompre avec le cycle de la pauvreté et de la violence. Un endroit réservé aux filles, afin que le processus de guérison puisse commencer ».

Dès le début, la CNYC s’est engagée dans des projets commerciaux ayant un thème lié à l’environnement ou à la coopération.

Aujourd’hui, la coopérative aide les jeunes du centre ville à gagner leur vie en fabriquant des meubles et se lance dans la production de fruits et légumes biologiques de serre.

Le personnel de la coopérative et les jeunes mettent les fruits et légumes sur le marché de Saskatoon.

Les jeunes décident des projets que la CNYC entreprendra et partagent la responsabilité de l’entretien du bâtiment occupé par le projet. En retour, environ 80 % des recettes leur reviennent; le reste sert à couvrir les dépenses de la coopérative.

Au cours de la dernière année, les jeunes de la CNYC ont gagné des milliers de dollars en construisant des meubles en bois ainsi que des bacs de compostage et en cultivant des fruits et légumes biologiques.

Ces jeunes peuvent apprendre un métier rentable comme le travail du bois, la réparation de bicyclettes, le perlage et la couture, tout en finissant leurs études secondaires.

Dans le cadre du programme de menuiserie, elles apprennent à tout faire – des meubles de jardin jusqu’à l’ameublement de salle à manger. Elles acquièrent ainsi de solides compétences en menuiserie et apprennent à être des employées productives, respectueuses et diligentes.

En partenariat avec la division des écoles catholiques de Saskatoon, la CNYC est également responsable du programme pionnier de crédits communautaires.

Ce programme crée des possibilités d’apprentissage dans la collectivité, afin d’y faire participer les jeunes décrocheurs scolaires. Il a aidé plusieurs jeunes en difficulté à acquérir des connaissances de base et des compétences professionnelles, tout en accumulant des crédits d’études secondaires.

À ce jour, 20 jeunes sont retournés à l’école ou ont trouvé du travail cette année. Cent autres ont cumulé des crédits en vue de l’obtention de leur diplôme d’études secondaires.

Pour atteindre ses objectifs, la CNYC a établi des partenariats avec la province de la Saskatchewan, Quint Development Corporation, FirstSask Credit Union, le conseil scolaire catholique du Grand Saskatoon, Communities for Children (C4C), la Ville de Saskatoon et d’autres organisations locales.

Ce sont ces partenariats et l’esprit de générosité et de coopération des gens de Saskatoon qui permettent à la CNYC d’offrir une vaste gamme de programmes aux jeunes à risque et de changer réellement leur vie et celle des prochaines générations.

Kootenay Lodge: Ouvrir des portes aux autochtones

Alberta


Kootenay Lodge (extérieur)

John* est devenu un des premiers résidents de Kootenay Lodge après avoir vécu dix ans dans les rues de Calgary, dans son fauteuil roulant.

« Pour des gens comme lui, c’est prodigieux », déclare Katherine Medos, coordonnatrice générale des services aux victimes de traumatismes crâniens de la résidence. « Il vivait dans la rue et possède maintenant une chambre bien à lui ».

John fait maintenant son propre lavage, ses repas, son ménage et ses courses.

« Il a parcouru tant de chemin en si peu de temps », souligne Mme Medos.

histoire n’est que trop familière. Prisonniers du cycle de la pauvreté, ils n’arrivent pas à trouver de l’aide et un logement abordable.

Pour les aider à relever ces défis, Kootenay Lodge offre à la fois un logement et un soutien social, de manière à ce que les résidents puissent vivre dans un environnement stable. La résidence facilite leur intégration sociale en les aidant à acquérir des compétences, à faire des études et à faire du bénévolat.

Lorsqu’elle a ouvert ses portes en septembre 2007, Kootenay Lodge est devenue la première résidence de l’Ouest du Canada pour les Autochtones handicapés et sans abri.

La résidence a été nommée en l’honneur de Beryl Kootenay, reconnue pour son travail de défense des droits des Autochtones ayant une déficience physique. Elle a fait beaucoup pour porter la question à l’attention du public. Kootenay Lodge est née de l’urgence d’aider les Autochtones handicapés et sans abri de Calgary.

John Currie, ancien président de la Calgary Homeless Foundation et de la Calgary Community Land Trust, s’est donné comme priorité de trouver une façon de mieux loger ces personnes.

« Il y avait alors des Autochtones handicapés qui vivaient dans les rues, se déplaçant dans la neige en fauteuil roulant », déclare M. Currie. « Ils vivaient la vie la plus horrible que l’on puisse imaginer. Aucun Canadien ne peut, selon moi, accepter une telle situation ».

Aujourd’hui, Kootenay Lodge offre un logement sûr, subventionné et communautaire aux Autochtones handicapés qui, autrement, n’auraient pas de domicile. La résidence a été adaptée de manière à répondre aux besoins de ses résidents et aux normes universelles en matière d’accès.


Kootenay Lodge (intérieur)

« Nous espérons que, pour les personnes qui en font leur chez soi, Kootenay Lodge est un premier pas vers l’autonomie », déclare Doug Hauser, PDG d’Universal Rehabilitation Service Agency (URSA), qui administre la résidence.

Pour M. Hauser, ce qui importe surtout c’est que ces personnes deviennent le plus autonomes possible au sein de la collectivité ou qu’elles retournent chez elles dans la réserve.

De nombreux résidents doivent relever de multiples défis : traumatisme crânien, déficience physique, troubles causés par l’alcoolisation foetale, diabète, toxicomanie et problèmes de santé mentale. Les programmes de Kootenay Lodge prennent leurs racines dans les traditions et les pratiques autochtones.

Les résidents peuvent assister à des cérémonies de purification et à des ateliers sur la roue médicinale. On leur offre aussi des aliments traditionnels, comme du buffle et du bannock. De plus, des aînés viennent les conseiller et leur transmettre leur sagesse.

Selon M. Hauser, la résidence est un lieu de guérison et de croissance dans la culture autochtone. « Nous voulons que les résidents de Kootenay Lodge redécouvrent leur culture autochtone. C’est absolument essentiel ».

Le personnel et les résidents participent à des séances d’orientation sur la culture autochtone ayant pour thème « Pas seulement des plumes et de la verroterie ».

Le personnel travaille en partenariat avec des services de Calgary, dont le Native Addiction Centre et l’Elbow River Healing Lodge, afin d’offrir des programmes adoptant une perspective autochtone.

« Ce projet repose sur une collaboration formidable avec la Calgary Homeless Foundation, la Calgary Community Land Trust, l’URSA et la collectivité autochtone », souligne M. Hauser.

Le gouvernement du Canada a fourni 431 535 $, par l’entremise du fonds fédéral d’aide aux sans abri, pour l’achat et la rénovation de la résidence.

La Société canadienne d’hypothèques et de logement a versé 320 000 $ en vertu du Programme d’aide à la remise en état des logements.

D’autres fonds pour les dépenses en capital ont été fournis par le gouvernement de l’Alberta, la Calgary Homeless Foundation et d’autres généreux donateurs de la collectivité.

Propriété de la Calgary Community Land Trust, Kootenay Lodge est gérée par l’URSA. Ses fonds de fonctionnement proviennent du gouvernement du Canada, de la province de l’Alberta, de Centraide et de dons communautaires.

*Les noms ont été changés afin de protéger la vie privée des personnes.

Phoenix Centre : Aider les personnes à surmonter la toxicomanie

Colombie-Britanique


Phoenix Centre (intérieur et extérieur

À 35 ans, Henry* était un directeur d’une banque et un père de famille très respecté.

Toutefois, sa vie était sur le point de s’effondrer : il luttait contre une accoutumance à la cocaïne et à l’héroïne.

« Tout s’est écroulé en 1998 », dit Henry. « C’est à ce moment que j’ai tout perdu – mon emploi, ma maison, ma femme, mes enfants ».

Son arrivée au Phoenix Centre a été un moment décisif de sa vie.

« Ça a été pour moi une expérience extraordinaire, qui m’a appris que je valais quelque chose en tant que personne », raconte Henry, qui a maintenant 46 ans.

« L’atmosphère du Phoenix Centre est tellement remplie de soutien, de compassion et de préoccupation qu’il n’est pas possible de faire autrement que de grandir en tant que personne », déclare t il.

Aujourd’hui, Henry travaille dans un centre d’appels de haute technologie situé dans le Centre. Il a commencé à payer une pension alimentaire et, à la suite d’une comparution récente devant le tribunal, il pourra peut être voir ses deux filles pour la première fois depuis deux ans.

« Toute cette expérience m’a enseigné comment être un membre productif de la société, dit Henry. Je veux maintenant redonner quelque chose à la collectivité ».

Le Phoenix Centre est un centre de services de toxicomani e intégrés de 10,9 millions de dollars. Il offre une vaste gamme de services aux gens qui se rétablissent d’une dépendance ou d’un e maladie mentale .

Selon Michael Wilson, directeur exécutif de la Phoenix Drug and Alcohol Recovery and Education Society, le Centre a pou r objet de renforcer la collectivité. Il propose une approch e de développement socioéconomique communautaire, d e collaboration aux problèmes de toxicomanie qui considère le s déterminants de la santé élargis .

Le Centre est le premier du genre en Colombie Britannique . Il offre à la fois aux toxicomanes des services cliniques, u n logement de transition et des services d’emploi et d’éducation .

Il met à la disposition de sa clientèle 36 unités de logement d e transition et il destine 28 lits à des personnes qui se rétablissen t d’une accoutumance .

Il fournit également des soins et des services de santé mental e afin d’aider les toxicomanes à acquérir la force, les compétence s et l’autosuffisance nécessaires pour réintégrer la collectivité .

L’agencement de soins et de services fait en sorte que le s résidents reçoivent un soutien à toutes les étapes de leu r traitement et de leur rétablissement .

« La question de la toxicomanie est complexe. C’est pourquoi nous voulions faire les choses différemment », dit M. Wilson. Le modèle de prestation de services au Phoenix Centre a été conç u de manière à refléter la complexité des besoins communautaire s qu’il vise à aborder .

« Nous souhaitons que les gens diminuent leurs toxicomanies , et nous les aidons à participer au marché du travail. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser personne pour compte dans notre système économique ».

Le Centre est exploité par la Phoenix Drug and Alcohol Recovery and Education Society, un organisme sans but lucratif. La Société utilise une approche innovatrice en ce qui a trait à l’itinérance, à la toxicomanie et au chômage en fournissant diverses mesures de soutien, de manière à répondre aux besoins uniques de chaque personne.

La plupart des résidents demeurent au Phoenix Centre au moins 90 jours au début du programme de stabilisation, jusqu’à ce qu’un plan d’action soit arrêté en vue de leur retour au travail ou à l’école, ou encore de leur entrée dans un programme de logement transitoire.

Dans le cadre d’un partenariat avec le Kwantlen University College, un programme d’apprentissage a été élaboré pour aider les gens qui se rétablissent en leur offrant des cours et des activités de recyclage.

Les résidents peuvent suivre des cours pour terminer leur formation générale, consolider leur plan de carrière, se recycler ou évaluer leurs compétences. Des cours financiers sont offerts en partenariat avec la Van City Credit Union.

On trouve également au Phoenix Centre une boutique de fleuriste et un café qui servent de centre de formation pour les résidents. Un autre partenariat avec High-Tech Executive Coach donne une formation à l’emploi dans un petit centre d’appels situé dans le Centre.

Selon M. Wilson, c’est la synergie de tous les partenariats et l’ensemble des interventions qui produisent des résultats.

Les bureaux des fournisseurs de service et des partenaires sont répartis dans le nouvel immeuble.


Phoenix Centre (intérieur 2)

On trouve au centre communautaire, situé au sous sol, le bureau des anciens, un gymnase, des salles de jeux, des salles d’artisanat, des ateliers et une salle de méditation. Il donne aux résidents la possibilité d’améliorer leur santé physique et d’adopter un style de vie sain.

Depuis que le Phoenix Centre a ouvert ses portes en mars 2007, 47 personnes qui ont suivi son programme ont déjà trouvé du travail.

« Lorsque l’on considère que ces personnes étaient itinérantes, sous alimentées et toxicomanes en arrivant au Centre, ce résultat est extraordinaire », affirme M. Wilson.

« Le phénix est un puissant symbole de transformation et il correspond tout à fait à la réalité du Centre et de nos clients », déclare Roy Dickey, président du conseil d’administration de la Phoenix Drug and Alcohol Recovery and Education Society. « Le Centre représente une transformation importante de la façon de voir les questions complexes qui entourent l’itinérance et les toxicomanies ».

La construction du Centre a été un véritable effort communautaire.

Le gouvernement du Canada a versé 3 720 000 $ par l’entremise des fonds fédéraux de lutte contre l’itinérance, 1 550 000 $ par l’intermédiaire de la Société canadienne d’hypothèques et de logement et 270 000 $ par l’intermédiaire du ministère de la Diversification de l’économie de l’Ouest. Le terrain sur lequel le Centre a été construit a également été acheté grâce aux fonds fédéraux de lutte contre l’itinérance. La province de la Colombie Britannique a versé quant à elle 2 480 000 $.

Parmi les autres bailleurs de fonds, notons la Real Estate Foundation de la Colombie Britannique, la Vancouver Foundation, le Rotary Club de Surrey, Vancity, la Woodwards Foundation, Peace Arch Hospital, la Ville de Surrey, Lark Construction, Guildford Rotary, Coast Capital Savings et un donateur privé.

En 2004, les membres de Vancity ont accordé le prix d’un million de dollars au Phoenix Drug and Alcohol Recovery and Education Society pour avoir amélioré la vie des résidents de la Colombie Britannique. Le Centre s’est également mérité le prix d’excellence en affaires dans la catégorie des organismes sans but lucratif de la chambre de commerce de Surrey.

Ces prix contribuent à faire reconnaître les puissantes transformations qui se produisent dans la vie des résidents du Phoenix Centre — transformations dont profiteront tant les personnes que la collectivité où elles vivent pour de nombreuses années à venir.

*Les noms ont été changés afin de protéger la vie privée des personnes.

Soupe populaire de Qayuqtuvik : De l’espoir pour le Nunavut

Nunavut


Soupe populaire de Qayuqtuvik (extérieur)

La nouvelle soupe populaire d’Iqaluit offre de l’espoir à la population locale, y compris aux sans abri.

Le nouveau bâtiment, près de l’ancien site de la cathédrale St. Jude, abritera bientôt de façon permanente la nouvelle soupe populaire fort achalandée de la ville et un nouveau magasin d’aubaines.

Ce nouveau bâtiment permet d’offrir des services aux nécessiteux d’Iqaluit dans un endroit central.

« Le projet est porteur d’espoir pour nos résidents auxquels il permet d’acquérir de nouvelles compétences et de profiter de nouvelles possibilités », déclare Peter Scott qui, lorsqu’il ne fournit pas un soutien à la gestion du projet ou ne travaille pas bénévolement à la soupe populaire, est président de la Nunavut Housing Corporation.

Le gouvernement du Canada a contribué à ce projet par l’intermédiaire du fonds fédéral pour lutter contre l’itinérance. Les entreprises et les organismes locaux ont également contribué à ce projet.

La soupe populaire est un symbole d’espoir, tout particulièrement durant les longs et durs hivers du Nunavut.

Les résidents peuvent constater qu’elle est là pour rester.

Selon M. Scott, le bâtiment représente plus que les éléments dont il est constitué : « C’est un endroit où les gens peuvent s’asseoir ensemble pour savourer un repas chaud et se retrouver en compagnie d’autres personnes dans la même situation qu’eux. »

On y offrira de la soupe, des sandwiches, des vêtements chauds ou une couverture. Lorsque les gens seront prêts à renoncer à l’itinérance, du counseling axé sur l’acquisition de compétences de base leur sera offert.

La soupe populaire est également l’occasion pour les résidents de donner à leur tour quelque chose à la collectivité.

« Les gens ne devraient pas être obligés de quémander leur nourriture », déclare M. Scott. « Plutôt que de leur faire la charité, nous préférerions qu’ils participent aux activités de la soupe populaire en coupant des légumes, en apprenant à faire un ragoût ou en nettoyant la cuisine. »

Il croit que la soupe populaire ira au delà de son mandat en offrant des services de counseling, y compris de l’aide à la rédaction de curriculum vitae ou à l’acquisition des compétences requises pour les entrevues d’emploi, grâce au programme d’action directe des églises anglicanes St. Simon et Saint Jude.

Les recettes du magasin d’aubaines aideront à couvrir les frais d’exploitation du bâtiment et rendront le projet viable.

Le magasin sera administré par l’Iqaluit’s Piviniit Society, qui voit le projet comme une bonne façon de rendre des vêtements disponibles à un prix abordable tout en réaffectant des rebuts destinés à la décharge municipale grossissante. Les résidents pourront acheter pour un prix raisonnable des vêtements et de petits articles ménagers.

M. Scott précise : « La température avec le refroidissement éolien chutant jusqu’à moins 45 degrés durant l’hiver, peu de personnes peuvent traverser la ville pour avoir un repas chaud. Le nouvel emplacement central améliorera de beaucoup les choses. »

Le projet a pris deux années à voir le jour. De tous les points de vue, ce fut un véritable effort communautaire.

Ce sont des équipes de bénévoles de l’industrie locale de la construction qui ont en grande partie fait le travail.

« À peu près toutes les entreprises de construction de la ville ont donné des matériaux, réduit leurs prix ou fourni de la main d’oeuvre, ajoute Peter Scott. Notre liste de partenaires communautaires s’allonge. »

Le terrain sur lequel s’érige le nouveau bâtiment est un don de l’évêque de l’Arctique.

Le projet de construction comme tel est un succès puisque, compte tenu de sa situation nordique, de nombreux obstacles devaient être surmontés, notamment la commande et l’emballage de matériaux à temps pour la courte saison du transport maritime, une courte saison de la construction et des conditions météorologiques extrêmes.

La démolition de la vieille mission située juste à côté de l’église en forme d’igloo a commencé en mars 2006. Après la débâcle, les matériaux de construction sont arrivés par le premier bateau.

La soupe populaire dispose dans ses nouveaux locaux d’une cuisine, ce qui lui faisait auparavant défaut. Dans le passé, les aliments étaient préparés ailleurs et acheminés quotidiennement vers les différents endroits où les repas étaient servis.

Dans ses locaux permanents, la soupe populaire sera en mesure d’offrir des aliments de meilleure qualité et plus frais.

Le chantier de construction a également été utilisé par le Nunavut Arctic College et le Centre correctionnel de Baffin dans le cadre d’un programme de formation préparatoire à l’exercice d’un métier qui a pris fin en décembre 2007.

La charpente, l’isolation et le pare-vapeur des murs, du toit et des fenêtres ont été installés par neuf hommes en libération anticipée du centre correctionnel. La plupart n’ayant jamais reçu de formation structurée dans les métiers spécialisés.

« Ils ont acquis une précieuse expérience sur le chantier de construction, souligne M. Scott. Ils ont été exposés à tous les métiers – de la charpenterie à la plomberie, en passant par la mécanique et l’électricité. »

Ces hommes ont maintenant terminé leurs examens et sont admissibles à un stage d’apprentissage chez les employeurs locaux.

« Ayant travaillé avec plusieurs de ces gars, j’ai été impressionné par leurs compétences et leur attitude », affirme t-il.

La soupe populaire a été mise sur pied il y a à peu près six ans lorsque des Aînés et des résidents ont reconnu qu’il fallait offrir des services d’alimentation de base aux sans abri d’Iqaluit, ville d’environ 6 100 habitants.

Ce service est géré par la Qayuqtuvik Society. Qayuqtuvik signifie « place du bouillon » en inuktitut. Les membres de la société sont tous bénévoles et participent activement aux activités de la soupe populaire.

Ces bénévoles ont lutté pendant des années pour la survie du programme.

Des organisations telle la Qikiqtani Inuit Association l’ont sauvé plusieurs fois, lui fournissant gratuitement des locaux, dans le vieux bâtiment en forme de dôme, ainsi qu’en lui donnant son installation actuelle.

En 2004, la soupe populaire a frôlé le désastre lorsque le système d’extincteurs a gelé et inondé le bâtiment en entier.

Peter Scott se rappelle avoir servi de la soupe, des sandwiches et des repas chauds à partir du hayon arrière de véhicules parce qu’il y avait encore des gens qui avaient faim.

La soupe populaire est ouverte sept jours semaine. Durant la fin de semaine, on y sert un repas plus consistant, comme par exemple un ragoût, du spaghetti ou de la lasagne. Pendant les mois de pointe de l’hiver, on y sert jusqu’à 60 clients par jour durant la semaine et 40, la fin de semaine.

Le système d’information sur les personnes et les familles sans abri : Instantané de l’itinérance à Yellowknife

Territoires du Nord-Ouest


Les individus utilisant le système de SISA

Un nouveau système national d’information aide les refuges communautaires à brosser un tableau plus précis de l’itinérance dans des collectivités de partout au Canada.

Le Système d’information sur les personnes et les familles sans abri (SISA), une composante de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance ( SPLI ) du gouvernement du Canada, est conçu pour améliorer notre compréhension de l’importance, des caractéristiques et des causes de l’itinérance au Canada.

Un des éléments importants du SISA est son logiciel qui permet aux refuges et aux autres fournisseurs de services de consigner de l’information concernant leurs clients dans le but de gérer leurs activités. Il permet aux collectivités de recueillir et d’analyser des données sur l’utilisation des refuges au Canada et de mesurer les progrès réalisés dans la lutte contre l’itinérance.

Yellowknife a été la première collectivité du Canada à envoyer suffisamment de données à l’équipe nationale du SISA pour qu’une analyse statistique puisse être effectuée. L’étude brosse un tableau des utilisateurs de refuges dans cette ville en tenant compte du sexe, de l’âge et des tendances en matière d’utilisation. L’étude aidera à l’évaluation de la capacité de Yellowknife d’abriter des sans abri.

« Cette collectivité a vraiment adopté le SISA et a produit suffisamment de données pour envoyer des rapports à Ottawa », déclare June Beisiegel, conseillère principale en matière de programmes pour la SPLI .

« Différents facteurs rendent difficile le suivi de la population des sans abri », affirme Dayle Handy, coordonnatrice communautaire du SISA et du dossier de l’itinérance pour la Ville de Yellowknife. Selon elle, le programme du SISA travaille avec les refuges pour recueillir des données essentielles à l’élaboration du programme. « Ce système de collecte de données nous permet de comprendre plus en profondeur notre population de sans abri et l’utilisation des refuges. »

Dans la Ville de Yellowknife, quatre organismes offrent des services à la collectivité par l’intermédiaire de sept refuges. Les organismes disposent en tout de 150 lits pour les sans abri, divisés entre les refuges d’urgence et les logements de transition.

L’équipe nationale du SISA continuera de travailler avec les coordonnateurs communautaires de Yellowknife afin d’effectuer des analyses plus approfondies. Ces coordonnateurs font la promotion des avantages de l’initiative du SISA, forment des fournisseurs de refuges intéressés à l’utilisation du logiciel et coordonnent la collecte des données qui serviront à des fins communautaires ou nationales.

En continuant à recueillir des données, les chercheurs et les fournisseurs de refuges peuvent en arriver à mieux comprendre pourquoi des gens sont itinérants à Yellowknife. Ainsi, la SPLI et ses partenaires peuvent utiliser cette information pour trouver des solutions locales aux problèmes.

« À l’avenir, nous recueillerons des renseignements touchant un plus grand nombre de domaines. Cela nous permettra de beaucoup mieux comprendre le phénomène de l’itinérance à Yellowknife », déclare Mme Handy.

Elle ajoute : « Notre but ultime est de mieux comprendre le problème de l’itinérance, d’y être sensibilisés davantage. Nous voulons y mettre fin à Yellowknife. »

Dans le contexte national, le SISA est devenu un puissant outil de recherche tant pour les chercheurs que pour les décisionnaires.

Les données recueillies par les utilisateurs du SISA nous présentent un portrait des refuges et de leurs clients. Les données sont analysées et mises en commun par les chercheurs et les décisionnaires.

La base de données nationale est développée grâce à la signature d’ententes de partage et elle reçoit de l’information des refuges, d’organismes sans but lucratif et de différents ordres de gouvernement.

À ce jour, près de 300 ententes de partage de données ont été signées à travers le Canada.

Fetal Alcohol Syndrome Society of the Yukon: Améliorer les conditions de bie des adultes qui vivent avec l’ensemble des troubles causes par l’alcoolisation foetale

Yukon


Participant masculin et particpante féminin
Participant au programme de la Fetal Alcohol Syndrome Society of the Yukon

Martin* entrait dans l’adolescence lorsqu’il est devenu clair que ses rapports avec les autorités seraient tumultueux.

Alors qu’il grandissait à Whitehorse, Martin multipliait les séjours en prison et la liste de ses infractions criminelles s’allongeait. Il a passé des années dans la rue. On a plus tard diagnostiqué qu’il était atteint de l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale.

Maintenant âgé de 30 ans, Martin évite de se créer des ennuis. Grâce au soutien individuel offert par la Fetal Alcohol Syndrome Society of the Yukon, il habite un logement agréable, occupe un emploi à temps partiel auprès de l’agence locale de travail temporaire et passe du temps avec ses deux enfants.

« Il a réussi à se tenir loin de la prison et des ennuis », déclare Lilliam Sequeira Duran, directrice exécutive intérimaire de la Fetal Alcohol Syndrome Society of the Yukon.

L’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale n’a été reconnu que récemment comme une cause majeure de problèmes qui mènent souvent à l’itinérance, à la toxicomanie et aux démêlés avec la justice. La sensibilisation progresse toutefois et des solutions ainsi que des mesures de soutien communautaires de plus en plus prometteuses voient le jour.

La Fetal Alcohol Syndrome Society of the Yukon a mis au point un programme efficace pour aider le public à mieux comprendre l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale et pour améliorer la qualité de vie des personnes qui ont reçu ce diagnostic.

Le programme « Trying Differently » aide des adultes qui, comme Martin, sont atteints de l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale à trouver un endroit où vivre et un soutien auprès de membres de la collectivité.

Au titre du financement fédéral pour lutter contre l’itinérance, le gouvernement du Canada a octroyé 162 000 $ au projet « Trying Differently ».

Des travailleurs de soutien consacrent tout le temps nécessaire à leurs clients pour qu’ils réussissent. Ils sont disponibles en tout temps et pour toutes les tâches, qu’il s’agisse de trouver des meubles ou de faire les provisions. Ils vont aussi aux rendez vous avec les agents de probation et aident ceux qui ont purgé leur peine d’emprisonnement. La Fetal Alcohol Syndrome Society of the Yukon donne également le repas du midi cinq jours par semaine à ses clients.

Mme Sequeira Duran, dont la fille adoptive de 11 ans est atteinte de l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale, dit vouloir que les gens comprennent qu’il incombe aux collectivités d’unir leurs efforts pour empêcher que de futures générations d’enfants naissent avec ce problème.

« Dans certains cas, nous en sommes ici à la quatrième génération de personnes touchées par l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale », souligne t elle.

«Nous essayons de diffuser notre message concernant l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale dans la collectivité. Ce message étant que lorsque nous travaillons avec ces personnes, nous devons orienter nos efforts différemment plutôt que de les intensifier. C’est nous qui devons changer (notre façon de penser).»

«Nous travaillons avec un groupe de personnes qui ont été victimisées pendant toute leur vie, explique Mme Sequeira Duran. Pour certaines, la violence, le crime et la toxicomanie sont devenus la norme. Nous voulons les amener à sentir qu’elles ont leur place au soleil. Nous voulons leur montrer qu’une meilleure vie est possible en leur fournissant des modèles et des activités sécuritaires.»

On espère que ce projet servira de modèle pour les collectivités de l’ensemble du Yukon et du Canada.

Selon Mme Sequeira Duran : « Le premier objectif de la Fetal Alcohol Syndrome Society of the Yukon est de trouver un logement sûr et stable pour ces personnes. Le succès n’est toutefois pas évalué sur cette base uniquement. Nous essayons, dans la mesure du possible, de les occuper à des activités positives et sécuritaires durant la journée, après les heures de travail et durant la fin de semaine afin qu’elles ne s’attirent pas d’ennuis. »

Elle ajoute qu’en offrant un soutien individuel et des modèles de comportement positif, son organisme a pu réduire d’au moins 60 % le nombre d’actes criminels commis par des personnes aux prises avec l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale.

L’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale est un terme qui décrit un vaste éventail d’incapacités susceptibles d’affecter les personnes dont la mère buvait de l’alcool, peu importe la quantité, pendant sa grossesse.

Les personnes touchées par l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale présentent une diversité de symptômes. Les enfants et les adultes peuvent avoir des problèmes d’apprentissage et de l’hyperactivité, et avoir de la difficulté à gérer leur colère en raison d’attentes déraisonnables et d’hypertension sensorielle. Certaines d’entre elles peuvent avoir de graves problèmes médicaux non détectés.

Des problèmes secondaires peuvent se développer au fil du temps en raison du manque de soutien face aux toxicomanies, à l’itinérance, aux problèmes de santé mentale ainsi qu’aux problèmes affectifs et sociaux.

L’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale ne fait pas de discrimination – des gens de tous les âges et de tous les milieux peuvent être touchés.

Il est souvent difficile de poser un diagnostic parce que cela nécessite l’intervention d’une équipe de professionnels de la santé possédant de solides connaissances de l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale et une formation pertinente.

Les personnes qui reçoivent un diagnostic d’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale n’en « guérissent » jamais et ne cessent jamais d’avoir besoin du soutien fourni par des organismes tels que la Fetal Alcohol Syndrome Society of the Yukon.

L’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale toucherait environ 1 % de la population canadienne. Cela signifie qu’il peut y avoir quelque 300 000 personnes qui en sont atteintes aujourd’hui au pays.

Au Yukon, à peu près 6 bébés sur 100 naissent avec l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale, selon les statistiques tenues par le centre.

Malgré les efforts déployés pour fournir de l’information à la collectivité au sujet des effets de l’alcool sur le foetus, y compris des étiquettes de mise en garde sur les produits alcoolisés vendus au Yukon, le nombre de personnes pour lesquelles un diagnostic d’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale est posé continue de croître.

Jusqu’à maintenant, un des programmes de la Fetal Alcohol Syndrome Society of the Yukon a aidé 20 adultes aux prises avec l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale à trouver et à conserver un logement sûr.

La Fetal Alcohol Syndrome Society of the Yukon s’efforce également de faire mieux comprendre l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale au public en organisant des ateliers, des activités de financement et des séances de formation dans la collectivité.

L’organisme a créé un solide réseau de soutien réunissant tous les éléments de la collectivité, y compris les services de police, les agents de probation, les travailleurs sociaux, les enseignants, les travailleurs en garderie et les fonctionnaires.

Le gouvernement du Yukon a également accordé des fonds à la Fetal Alcohol Syndrome Society of the Yukon pour appuyer le programme « Little Help From my Friends » et d’autres projets.

* Les noms ont été changés afin de protéger la vie privée des personnes.

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Date de modification :
2011-11-03